samedi 17 mars 2012

Mon récit d'accouchement

Merci @MadameParle de m'avoir permis de raconter mon premier accouchement. Mon premier billet pour raconter comment je suis devenue maman il y a presque 4 ans.


Eliott, était prévu pour le 25 mai 2008. Le 10 mai, un samedi (2 semaines avant le terme), j’ai ressenti le besoin de faire le grand nettoyage de ma salle de bain, et plus particulièrement la baignoire. Allez savoir pourquoi ? Certains parlent de nidification, moi je dirai seulement que je demandais à mon homme de le faire depuis un certain temps et qu’il ne s’était toujours pas décidé. En tout cas, je me suis activée et après de nombreuses contorsions, j’étais plutôt fière du résultat !
Le soir, j’ai commencé à perdre ce que je pense être le bouchon muqueux. J’ai même rappelé mon homme qui était chez des amis, sentant que quelque chose se passait. Pas de contractions, mais peut-être un pressentiment.
La nuit fut calme, hormis mes petites excursions nocturnes habituelles aux toilettes. Le lendemain matin (dimanche), je commence la journée tranquillement (le futur papa dort encore) : petit-déjeuner, puis douche. Il devait être environ 10h30. En sortant de la douche, après m’être séchée, je sens tout-à-coup quelque chose couler entre mes jambes. Je saute alors dans la baignoire, du mieux que je peux étant donné mon état de « grosse baleine » (je me doute bien de ce que c’est et je ne voudrais pas inonder ma salle de bain !). « Ca y’est, c’est le moment » : voilà ce qui me trotte dans la tête. Je n’ai toujours pas de contractions, juste une petite perte de liquide qui s’est vite arrêtée, mais les sages-femmes m’ont toujours dit d’aller à la maternité en cas de perte des eaux. J’appelle mon homme, toujours debout dans la baignoire : « Mon cœur ! Je crois que tu n’iras pas travailler aujourd’hui ! »
Le temps de se préparer, d’attraper la valise, et nous voilà partis pour la maternité, un peu excités et un peu nerveux. Arrivés sur place, le gynéco de garde (et oui, c’est dimanche et c’est le weekend de Pentecôte en plus !) m’examine. Verdict : il s’agit bien de liquide amniotique, la poche des eaux est fissurée. Il décide de me garder et de voir si le travail se déclenche de lui-même ou pas. Le monitoring révèle rapidement que j’ai déjà de petites contractions que je ne sentais pas.
Il est midi. On nous installe dans une chambre et il n’y a plus qu’à attendre. On appelle nos parents pour les prévenir. Je fais des va-et-vient dehors, entre deux séances de monitoring. Il paraît que marcher accélère le travail. Cette fois, je sens bien les contractions. Mon col commence à s’ouvrir lentement. L’après-midi se passe (heureusement que j’avais prévu un livre). Mon homme s’ennuie un peu et tente une sieste dans un fauteuil.
Vers 19h30, mon col est à 3cm. On me propose la péridurale. J’ai prévu de la prendre, mais j’ai un peu peur (très peur même !). Les contractions sont supportables et je demande si je ne peux pas encore attendre un peu. Mais finalement, vers 20h30, une discussion avec l’anesthésiste me décide. La péridurale permettra d’accélérer le travail. Je redoutais un peu ce moment, mais au final tout se passe bien. La péridurale est posée du 1er coup : pas de douleur. Bravo docteur !
Cette fois, nous y sommes presque : nous voilà dans la salle d’accouchement. La sage-femme qui m’examine perce ma poche des eaux sans le vouloir. La péridurale ne fait pas encore effet et c’est là que je découvre les vrais contractions. D’après mon homme, je lui broyais presque la main à chaque élancement ! Les minutes passent et la douleur est toujours aussi forte. Au bout d’une demi-heure, l’anesthésiste est rappelé. Il semblerait que la dose n’est pas assez forte. J’ai droit à une deuxième injection et là, oh miracle, au bout de quelques minutes, je suis enfin soulagée ! Mon ventre se contracte, mais je ne sens plus rien. D’ailleurs je ne sens plus mes jambes non plus.
Le travail avance, le col s’ouvre, mais bébé (pour qui tout va bien jusqu’ici) n’est pas bien placé. Le gynéco me fait mettre de côté en espérant qu’il bouge. Le temps passe, les douleurs reviennent. Et de trois ! Nouvelle dose dans la péridurale qui me soulage un peu.
Il est bientôt 23h30. Cette fois c’est le moment ! Le col est à 10cm, bébé est toujours mal placé, mais on va essayer de pousser quand même. Je pousse une fois, deux fois, trois fois … Rien ne se passe. Bébé ne descend pas assez. En plus, je ne sens plus les contractions à cause de la péridurale, mais par contre je commence à ressentir un côté de mon corps. Le gynéco vient prêter main forte aux sages-femmes. Il m’appuie sur le ventre pendant que je pousse. Puis, vient cette phrase que je n’oublierai pas : « On va vous aider un peu Madame ». Il part chercher des forceps. La sage-femme échange sa place pour appuyer sur mon ventre (geste qui n’est pas agréable du tout, soit dit en passant), le gynéco s’affaire de son côté avec les forceps (ouille du côté droit !). Petite épisio en passant. Et tout à coup, te voilà ! Petit garçon tout mouillé, tu pleures, on te dépose sur moi et là j’oublie tout. J’oublie la douleur, les efforts, la fatigue … Tu me regardes. Papa verse une larme (même s’il ne veut pas toujours l’admettre). Il est 00h08 et tout a changé : petit Eliott tu es là, parmi nous. Je suis un peu assommée par tous ces évènements, mais un seul mot sort de ma bouche : « Merci ».
Papa coupe le cordon. Dernier effort pour le placenta, puis on t’emmène, avec ton père, pour tes premiers soins, pendant que le gynéco me recoud. Je te vois sur un écran à ma gauche. Je suis heureuse, je suis épuisée, mais je suis comblée.
Eliott : 3,970kg pour 53cm
Le récit est aussi publié ici : http://parler-de-ma-vie.fr/madame-lit-vos-recits-daccouchement/recit-daccouchement-quand-recurer-sa-baignoire-est-le-signe-que-laccouchement-est-iminent/
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