mardi 3 janvier 2017

Rêver, écrire, créer

Pas besoin d'apprendre à rêver. C'est inné, chez chaque être humain. Très jeune nous rêvons à ce que nous deviendrons. Nous rêvons du passé que nous voudrions changer, de l'avenir qu'il nous reste encore à créer, mais aussi du présent que nous pourrions changer. Les rêves reflètent nos espoirs et nos envies d'évasion. En grandissant, certains rêves s'estompent, d'autres sont abandonnés, quand certains résistent et se transforment parfois en réalité.

Depuis longtemps, mon rêve à moi c'est d'écrire un livre, une histoire ou un récit. L'idée de créer un monde auquel personne n'a encore pensé à l'aide de mon imagination, de laisser mon esprit mettre en forme des mots et des phrases pour créer du sens a toujours été une évidence. Ce n'est pas pour rien que je me suis lancée dans l'écriture d'un blog. Je n'ai jamais abandonné ce rêve de gosse. J'ose croire qu'il prendra peut-être forme un jour...

En attendant je vous propose de découvrir un petit texte que j'avais écrit il y a quelques années et publié à l'époque par ici. N'hésitez pas à me donner votre avis !



     Seule

     Un craquement … J’ouvre les yeux. Je suis dans mon lit, je me redresse pour regarder l’heure sur mon portable. Minuit. Je me lève discrètement, j’ai besoin d’aller aux toilettes, quand tout-à-coup je réalise quelque chose. Je me retourne et dirige le faisceau lumineux produit par mon téléphone vers le lit. Il est vide ! Où est-il ? Mon mari devrait être là, or il n’y a rien qu’une couette froissée et deux oreillers. Ce n’est pas normal. Je dormais et je n’ai rien entendu. A l’obscurité ambiante s’ajoute un silence pesant. Je décide d’allumer la lumière. Rien. J’actionne l’interrupteur plusieurs fois, rien ne se passe. Je commence à avoir peur. Un doute m’assaille. Je cours jusqu’à la chambre des enfants.

     Leurs lits sont vides. Mon cœur s’arrête de battre l’espace d’un instant, pour reprendre de plus belle. Je sens la panique monter en moi. Je parcours toute la maison en courant, mais ne rencontre que du vide. Il n’y a pas d’électricité. En essayant de téléphoner à mon mari, je me rends compte qu’il n’y a pas de réseau non plus. Je suis en train de rêver ! Ce n’est pas possible autrement. Où sont les enfants ? Où est mon mari ? Que s’est-il passé pendant mon sommeil ? Je dois me calmer, relativiser. Ce n’est pas le moment de faire une crise d’angoisse.

     J’hésite un instant, puis décide de sortir. Dehors tout est calme. Pas un bruit d’insecte. Juste un incroyable silence. La lune éclaire la petite rue qui s’étire devant moi. Je me dirige vers la maison voisine. Je sonne à la porte plusieurs fois. Pas de réponse. Après un bref instant de désorientation, je décide d’entrer. Je dois savoir, je dois parler à quelqu’un. Il faut qu’on m’aide ! La porte est ouverte. J’entre. Je fouille toute la maison : il n'y a pas âme qui vive. J’ai soudain envie de vomir. Je me sens mal et je sors prendre l'air. Comment est-ce possible ? Mes voisins devraient être là ! Nous nous sommes parlé hier soir. Ils devraient être dans leurs lits !

     Je tente alors d’autres maisons, mais le résultat est le même. Les portes sont ouvertes mais les lits restent désespérément vides. Finalement je m’assoie quelques minutes sur le trottoir. Seule. Puis je crie ! Je hurle pour que quelqu’un m’entende ! Mais seules les étoiles m’observent quand je me mets à courir comme une folle à travers le village. A bout de souffle, je finie par m’écrouler sur les marches d’un perron. Qu’a-t-il pu se passer ? Pourquoi tout le monde a disparu ? Où sont mes enfants ? Où sont-ils tous allés ? Les nerfs me lâchent, je craque et pleure doucement…


     Cinq mois se sont écoulés depuis mon réveil ce jour-là. J’ai appris à vivre seule, sans électricité, sans personne à qui parler. Pour ne pas perdre la raison, j’ai décidé de tenir un journal. Aujourd’hui le ciel est clair. Une douce brise soulève mes cheveux. Tout en écrivant, je caresse distraitement mon ventre qui s’est arrondi. Il faut que je tienne, pas seulement pour moi, mais pour ce petit être qui grandit en moi. Il est tout ce qui me reste  et c’est pour lui que je suis encore là. Il me donne la force et l’espoir dont j’ai besoin pour avancer dans ce monde sans vie. Mon enfant, ma lumière, mon avenir…


4 commentaires:

  1. Tu nous tiens en haleine dis donc ! Mais pourquoi tous ces gens ont disparu ? il ne restera donc que vous deux dans ce monde?
    J'aime beaucoup ton écriture et pour tout te dire, je te comprends, c'est pt-etre aussi pour ça que j'ai également créé un blog ! J'avais commencé à écrire au collège, je l'avais intitulé "La vallée des Rêves". Des fois je me dis que je devrais le réécrire (surtout que je n'ai plus aucune trace de cela) mais l'histoire elle est toujours plus ou moins dans ma tête :) Affaire à suivre

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    1. Quel suspense n'est-ce pas ? ;) J'avoue que je n'avais pas réfléchi à une fin pour cette histoire, il s'agissait avant tout d'un essai d'écriture, mais pourquoi pas. Il y a de quoi faire avec un début comme celui-là. Je crois que je vais y penser.
      On est nombreuses à s'être lancées dans les blogs par envie d'écrire. Je serais curieuse de te lire si tu décides de t'y remettre ! J'aime beaucoup le titre :)
      Bises

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  2. Ouaou. C'est une histoire géniale. Bravo.

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  3. ça donne envie de connaître la suite ! :-)

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